DÉCHIFFRER



L’espace public est saturé de chiffres. Comment ces chiffres s’organisent-ils, comment deviennent-ils des outils de preuves ? Comment les preuves, une fois énoncées, sont-elles négociées, standardisées, diffusées et mises en œuvre ? Quelles sont alors les conditions de leur détournement et de leur manipulation ? Ces questions déterminent le cadre de l’intervention de Spezadenn, qui présente à ses interlocuteurs les possibles lectures théoriques de leur action. Spezadenn s'adresse aux acteurs de l’administration, de l’industrie ou des marchés qui cherchent à déchiffrer les discours sur les données et les raisonnements statistiques.

L’omnipotence du chiffre s’exprime quotidiennement dans les politiques publiques, dans les procédés comptables, dans l’exercice de la gestion et dans les choix d’investissement. Les enquêtes des grands instituts statistiques se concentrent ainsi sur les notions de variables. Est-il possible d'isoler les « effets purs » de certaines variables explicatives sur d’autres variables, selon un raisonnement de type « toutes choses égales par ailleurs»? Spezadenn s’intéresse autant aux variables qu'aux acteurs et aux groupes sociaux. Selon leurs logiques spécifiques, elle développe des analyses littérales, économétriques ou micro-économiques qui leur sont conformes afin d’articuler la statistique avec les pratiques calculatoires, gestionnaires ou gouvernementales.

Les nomenclatures définissent les contours et les structures de l’information économique. La compréhension des grands agrégats et de leurs relations réoriente alors l’action : comment obtenir ou reconstruire des données statistiques, comment interpréter à son profit une défaillance de marché, comment rédiger un dossier de notification? Spezadenn propose de rendre cohérents les atouts de ses interlocuteurs avec les principes économiques et juridiques spécifiques à la mesure et aux normes qui s’imposent à eux.






CLASSER



Les séries, les indices, les modèles économétriques valident empiriquement les recherches économiques et leurs usages politiques. Selon qu’ils sont utilisés tels qu’ils sont élaborés ou qu’ils font l’objet d’une reconstitution, le processus de validation diffère.

La mise à disposition d’un niveau très détaillé de subdivision statistique peut modifier le processus d’homologation des pratiques, dans la mesure où elle impose que ce soit un chercheur et non plus un simple utilisateur des statistiques qui réalise la nécessaire recomposition des agrégats. C’est dans ce contexte que se présentent les projets des administrations européennes qui souhaitent rendre compte de leur action publique à partir des données rendues très récemment disponibles.

Depuis 2013, une très grande quantité de données exploitables est en effet disponible pour vingt-deux pays de l’Union européenne. Cette publication est l’aboutissement d’un long processus d’approfondissement statistique, entamé par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dans les années quatre-vingt-dix. Entendue comme l’ensemble de la mise en forme, de l’enregistrement et des algorithmes d’analyse de données quantitatives, la statistique reste d’abord au service de ceux qui en sollicitent les calculs.






JUSTIFIER



Les aides d’État sont interdites par les articles 87 et 88 du traité de Rome depuis 1957. Toute subvention publique susceptible d’affecter les échanges entre les membres de l’Union européenne est concernée. Les fondements de ces articles n’ont jamais été remis en cause, mais la question des subventions publiques est abordée différemment, d’une Commission à l’autre. Le cadre réglementaire mis en place en 2007 constitue un tournant dans leur déclinaison pratique : tout candidat à des subventions doit pouvoir faire la démonstration de leur pertinence économique. A partir d’un certain montant, un dossier, « une notification », doit être rédigée selon des canons théoriques précis.

Avant de solliciter ou d’accorder une aide, un Etat européen doit ainsi s’assurer de sa compatibilité avec les règles communautaires. La caractérisation d’une défaillance de marché qui justifie l’action publique, la démonstration du caractère adapté de l’outil d’intervention, la nécessité de l’aide et son caractère proportionné, l’impact sur les marchés concernés, pertinents ou affectés sont autant d’aspects qui doivent être abordés dans les dossiers qui constituent à la notification.

Spezadenn est notamment spécialisée dans la micro-économie des aides d’État. Entre autres missions, elle aide les acteurs économiques (consortium, entreprise) dans la rédaction de dossiers de notification, afin de mettre en cohérence les atouts de l’entreprise avec le cadre économique et juridique spécifique de la Commission européenne. En matière de notification à la Direction générale de la concurrence (DGC) de la Commission européenne, Spezadenn s’appuie sur l’expertise d’Olivier Boylaud. Olivier a été l’économiste principal de Agence de l’innovation industrielle et à assuré ou supervisé jusqu’au rattachement de l’AII à OSEO, l’ensemble des notifications des dossiers à la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne. A l’occasion de ses nombreux échanges avec la DGC, Olivier Boylaud a contribué à justifier les décisions de la Commission européenne dans son appréciation de la compatibilité des aides d’État. Il a par ailleurs été l’expert en statistiques de la mission confiée en 2004 par la Présidence de la République sur la relance de grands programmes technologiques et industriels.






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